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- Posté le 06/09/2007, 23h00
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Et oui, quand on ne fait pas comme tout le monde, on a toujours ces questions posées d'un air indigné : « pk tékri pa en abréger sé + s1pl ???? », « Pourquoi t'utilises aMSN et pas Windows Live Messenger ? », et évidemment, le plus gros, « Pourquoi t'es sous Linux, et pas sous Windows, comme tout le monde ? ».
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Tux le manchot, mascotte de Linux
Hé ouais, dans le paysage informatique, ce n'est pas un secret, MS Windows est l'OS le plus répandu. Tellement répandu qu'on finirait par penser que c'est le système le plus fiable qui existe, voire le seul. On ne peut pas trop les blâmer, car après tout, Microsoft a bien joué en soufflant les noms les plus évocateurs pour les logiciels qu'ils ont créés : « Windows » = mise en forme des processus graphiques en fenêtres (même s'ils ne sont pas les premiers) ; « Internet Explorer » = LE navigateur internet ... Bref, des noms explicites, qui amènent directement le client vers ces logiciels. Donc voilà, comme dit un ami, Mac et Linux finissent par être « Les Restes du Monde ». Alors pourquoi, pourquoi !!? Que fais-je sous un système minoritaire ?
C'est vrai, Linux est minoritaire, car sa promotion est moins grande. Et pour cause, tout le monde sait que Microsoft a bien plus les moyens de promouvoir sa suite logicielle. Mais il faut aussi prendre en compte que ce n'est pas à « Linux » de faire sa promotion, mais aux distributions qui en sont issues.
Et là, interloqué, on demande « Quoi ?! Linux n'est pas un système d'exploitation ?? ». Et quelques notions de base s'imposent.
À une époque, les systèmes Unix faisaient fureur. Les commandes étaient puissantes. Mais ils étaient propriétaires (donc non-libres). C'est alors que Linus Torvalds décide de se faire son Unix à lui. C'est pour ça qu'on dit que Linux est basé sur Unix, ce qui n'est pas tout-à-fait faux, la différence étant que Torvalds n'avait pas le code d'origine sous les yeux. D'ailleurs le mot « Linux » est un jeu de mots ! (je vous laisse trouver ! ;) ). Il a ensuite décidé de partager ses sources sur Internet (donc dire que Linux ne peut pas aller sur le net ...) afin que d'autres puissent l'aider à l'optimiser et à le corriger. Linux est libre depuis le début. Par la suite, le projet GNU, qui avait justement besoin d'un noyau pour faire fonctionner sa suite logicielle, a décidé d'utiliser Linux, qui du coup est passée sous licence GNU GPL. L'erreur est donc d'appeler les systèmes « GNU/Linux » « Linux », car on ne peut prendre le seul noyau en compte.
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Le gnou, mascotte de ... GNU
Le logiciel libre est un logiciel que l'on peut télécharger, diffuser, et copier à volonté. Les erreurs les plus courantes sont de considérer que le libre est forcément gratuit et open-source. Tout dépend de la licence utilisée. On peut très bien vendre du libre si c'est la volonté de l'auteur. Et la diffusion peut ne porter que sur le logiciel compilé (on appelle ça un paquet / package), sans pour autant y attacher les sources. À mon avis, cet amalgame vient du fait que le licence GNU GPL, la plus connue, impose qu'on diffuse les sources. Linux, donc, n'est pas un OS, mais un noyau (kernel). C'est lui qui détecte et communique avec le matériel informatique : cartes graphique, son, réseau, etc. Le système d'exploitation découle de ce noyau. Une fois que le matériel a été bien détecté, les logiciels qui suivront le noyau pourront s'afficher, le son pourra sortir, on pourra aller sur internet. Le système d'exploitation est donc la distribution.
Car Linux est une galaxie, dont les planètes seraient les distributions, et les étoiles les logiciels qu'on peut y utiliser. Des hommes vivent sur ces planètes, créent ces étoiles, se les partagent et les utilisent.
Mais même si la philosophie est très pacifique, il se prennent souvent le bec car certains considèrent que la planète sur laquelle ils vivent, et les étoiles qu'ils utilisent sont les meilleures, et veulent les imposer. Et très souvent, ça se bat férocement entre la galaxie Linux et la galaxie Windows. On appelle ça un troll.
Les systèmes basés sur le noyau Linux sont nombreux. Une des grandes différences entre ces systèmes est la manière dont on installe les logiciels. Une autre est le choix de l'interface graphique de base, qui peut être changée par la suite. Les systèmes sont donc pensés pour des catégories d'utilisateurs.
Les distributions les plus connues sont Debian, Open SuSE, Gentoo, Mandriva, Fedora, etc. Ces dernières sont le point de départ d'autres distributions, comme l'une des plus populaires : Ubuntu.
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Le logo d'Ubuntu
Ubuntu est basée sur Debian et utilise l'interface graphique GNOME. Elle utilise donc les paquets de type *.deb, et propose l'installations de logiciels via des dépôts en ligne. Ubuntu a elle-même plusieurs dérivées : Kubuntu, basée sur l'interface graphique KDE ; Xubuntu, basée sur l'interface XFCE, destinée aux ordinateurs de faible puissance ; Ubuntu Studio, orientée multimedia, proposant une interface assombrie adaptée au monde professionnel, qui travaille souvent dans le noir ; et bien d'autres ... Il est évidemment possible de passer d'une d'entre elles, simplement en téléchargeant les paquets qui les caractérisent, sans avoir à réinstaller son système.
Mais venons-en à mon passage de MS Windows à GNU/Linux. Il y a de cela deux ans, je trimais tous les jours sous MS Windows XP, à rechercher les virus, spywares et autres joyeusetés qui auraient investi mon PC, pour bien me pourrir la vie. J'étais comme beaucoup de Windowsiens, je téléchargeais des logiciels et je les crackais, car les meilleures solutions étaient bien sûr payantes, et peu abordables pour ma faible bourse.
Puis au hasard de mes pérégrinations sur la toile et aux connaissances binaires que je m'y suis faites, j'ai fini par entendre parler de GNU/Linux. J'ai alors commencé à être curieux, et à me demander comment c'était, si c'était mieux, moins bien, à quoi ça ressemblait. (car oui, quand on est habitué à un système qui n'a qu'une interface dont il est totalement dépendant, on est loin de se douter qu'il en existe d'autres configurables à volonté, voire même utilisables sans interface !) Puis j'ai fini par soliciter un de mes contacts qui était sous GNU/Linux. Comme tout utilisateur de ce système, il était prêt à éduquer toute personne qui était motivée à sauter le pas. Comme à l'époque, je n'avais pas le réflexe de chercher les informations par moi-même, je le harcelais de questions en tout genre. Évidemment, la première chose que j'ai apprise était qu'il existait plusieurs distributions. C'était plutôt déstabilisant, et la première question qui venait à l'esprit était « mais laquelle choisir ?! ». Il m'a tout-de-suite orienté vers Ubuntu. Ni une, ni deux, je télécharge les images CD (ISO) ... gratuitement ! La première chose qui m'a plu, c'était la gratuité ! Par la suite, cet argument a été agrémenté par l'idéologie du Libre, mais on ne peut nier que la gratuité est un point fort du système ! On se sent libéré d'un poids phénoménal : le piratage. On se sent totalement léger, on utilise son ordinateur en toute légalité !
La pochette d'Ubuntu 7.04 Feisty Fawn
Après gravure, j'ai d'abord commencé par le Live CD. Le Live CD contient le système d'exploitation sur lequel on peut démarrer directement sans l'installer. Son utilité est qu'on peut tester si l'interface nous plaît, et si le système fonctionne bien avec notre ordinateur. Le premier gros changement est l'interface graphique. Ubuntu étant basé sur GNOME, on est face à un bureau très sobre et très épuré ! Des barres blanches en haut et en bas, et des fenêtres de même apparence. Cela n'aurait pas plu à tout le monde, mais j'ai pourtant été très séduit ! C'était simple et intuitif, et cela me suffisait ! Le navigateur Mozilla Firefox, que j'utilisais déjà sous MS Windows, était présent, je pouvais bien me contenter de GAIM pour la messagerie. J'étais convaincu, ma migration pouvait commencer. À l'époque, la version d'Ubuntu était la Breezy Badger. L'installation était donc comme celle d'une Debian, avec une interface très « roots » en texte. Une des difficultés a été le partitionnement du disque dur. Car je voulais garder MS Windows le temps de la transition. Une fois le tout installé, je devais me familiariser avec tout ça. Premier réflexe : je veux mes installeurs de logiciels et vais sur telecharger.com. Mais manque de bol, les *.exe ne marchent pas ! Puis j'apprends que les logiciels s'installent à partir de dépôts, grâce au logiciel Synaptic. Cela peut sembler déroutant au début, mais on comprend vite la puissance du concept ! En une simple recherche et quelques clics, Synap' nous trouve et nous installe le type de logiciels que l'on désire ! Je découvre alors tout un panel de logiciels équivalents aux références du monde MS Windows : OpenOffice.org, qui remplace aisément MS Office ; The Gimp, qui remplace Photoshop (pour une utilisation domestique comme la mienne, nul besoin de vouloir cracker le logiciel payant d'Adobe !) ; aMSN Messenger, le parfait clone du client MSN Messenger, sans les fonctions qui ne servent à rien sauf à ralentir le système. Je m'attache au client mail Evolution, et au service de messagerie instantanée Jabber, avec le logiciel Gajim ! Et tout cela dans la même gratuité ! Dans certains cas, si l'utilisation de logiciels MS Windows s'impose, il existe un outil permettant de les exécuter : WINE. Mais je n'en ai que très peu l'utilité.
Puis peu à peu, j'apprends à configurer mon système intégralement comme je le désire : les barres blanches se voient affublées d'images, je télécharge des thèmes sur le site gnome-look.org, et mon bureau devient tout-de-suite plus sympathique ! Sous MS Windows, je ne pouvais pas sélectionner jusqu'à l'apparence de mes fenêtres aussi facilement ! Un autre point qui s'avère tout-de-suite très utile est le concept de bureaux multiples ! On peut ainsi placer ses fenêtres de navigation et de messagerie sur le premier bureau, tandis qu'on rédige un article sur le deuxième.
Tout en découvrant le système, je découvre toute la liberté qu'il me laisse. Je peux m'en servir comme je le désire, rien ne m'est imposé. Je découvre ensuite l'idée de logiciel libre. Ces logiciels sont fréquemment mis à jour, grâce à une communauté très réactive. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'y a que très peu de virus sous GNU/Linux : une fois découverts, il peuvent facilement et rapidement être éradiqués. La force de GNU/Linux, c'est donc la forte communauté qui tourne autour. Par exemple, lorsque l'on rencontre un problème quelconque, il suffit d'aller se renseigner sur la documentation du système ou du logiciel sur internet. Et si la solution au problème n'est pas trouvée, les foras sont à l'écoute, et fournissent une aide précieuse, pour peu qu'on le leur demande poliment. Pas besoin de déverser des sommes astronomiques dans des hotlines surtaxées, les experts vous répondent bénévolement, et sont heureux de le faire !
Cependant, il ne faut pas penser que la transition de MS Windows vers GNU/Linux se fait facilement. On ne peut pas dire que GNU/Linux soit meilleur ou pas. En réalité, c'est une conception totalement différente de l'utilisation et de la gestion d'un ordinateur. Et pour s'y faire, il faut adopter de nouveaux réflexes, et savoir faire ses recherches de manière autonome. Si l'on détient des habitudes « windowsiennes » bien ancrées, il sera très fastidieux de se familiariser avec le nouveau monde. De plus, mon expérience m'a conduit à beaucoup réinstaller mes deux systèmes, soit parce-que je n'avais pas bien défragmenté ma partition Windows, soit parce-que j'avais un peu trop bidouillé ma Ubuntu. (et oui, on est libre de le faire !)
Mais dans le cas des systèmes GNU/Linux, les données peuvent facilement être récupérées. Lors de l'installation, si l'on a mis ses dossiers d'utilisateurs (la /home) sur une autre partition, il suffit simplement de réinstaller le système en gardant cette partition. S'ensuit une simple récupération des paquets, et on retrouve son espace de travail tel qu'on l'avait laissé, bureau compris.
Aujourd'hui, j'ai Linux dans la peau ! Ma partition MS Windows ne me sert plus qu'à de rares occasions, et ne prend plus que 9 Go sur mon disque. En deux ans, beaucoup d'évolutions se sont faites, comme l'apparition des bureaux en 3 Dimensions et des effets dits « inutiles, donc indispensables » qui contribuent à rendre son interface plus attractive et agréable ! Les logiciels se sont aussi beaucoup améliorés, et les utiliser devient un véritable plaisir. Je n'ai plus fait la chasse aux virus depuis très longtemps, et je m'en porte merveilleusement bien !
Puis il y a peu, Ubuntu Studio est sortie ! J'ai enfin pu découvrir les outils multimedia sous GNU/Linux ! Mon MS Windows a encore perdu beaucoup de son utilité depuis cet instant !
GNU/Linux, c'est donc la liberté, le faible coût, la simplicité et la puissance d'une communauté très présente. On y passe par choix. Toute une idéologie emplit cet univers, et on s'y attache. Si les évolution qui se sont produites durant les deux années passées depuis mon passage sous le manchot sont de la même importance que celles des deux années qui vont suivre, alors le Manchot Sacré a encore de beaux jours devant lui !
